LE MASSAGE DU SPORTIF : SPÉCIALITÉ À PART ENTIÈRE ? Limites, Cadre, Réflexes de Sécurité

Dans le domaine du sport, le massage occupe une place incontournable.

Il n’est pas juste un confort amené à l’athlète, il fait partie intégrante de la voie de la récupération et de la performance selon les objectifs propres de l’athlète, qu’importe son niveau.

Le Massage Sportif est utilisé dans le milieu du sport afin de développer une offre de prestations de confort et bien être que l’on trouve de plus en plus fréquemment chez divers professionnels, du bien-être, du coaching personnalisé, les ostéopathes et bien sûr chez les masseur-kinésithérapeutes. Ces derniers ont toute légitimité à le proposer dans leur offre de soin hors convention.

Mais qu’en est-il réellement est-ce une spécialité propre, une manière de faire, une conduite à tenir, un raisonnement particulier à avoir ?
Mon expérience de terrain en cabinet ou en compétition internationales, cumulée avec mon ancienneté dans la formation au sein de cette thématique me donnent désormais une legitimité à pouvoir trancher sur certains points.

Qui peut pratiquer le massage sportif ?

Avant d’aborder la thématique de cette spécialité propre ou non, il est bon d’aborder dans un premier temps

  • les prérequis nécessaires du masseur,
  • les règles de bon usage de l’exercice de ces prestations, et enfin,
  • le cadre à avoir afin de rester dans son propre domaine de compétence sans aucunement déborder dans le soin thérapeutique, en résumé : rester à sa place.

On ne cessera de rappeler que le massage thérapeutique reste réservé exclusivement à la profession des masseur kinésithérapeutes confrérie à laquelle j’appartiens fièrement. Quiconque contreviendrait à cette règle pourrait potentiellement se voir reprocher par les instances compétentes le manque de légalité dans laquelle il se plonge. Sans oublier la dangerosité potentielle qu’il exerce auprès d’un athlète selon l’utilisation de techniques pouvant être inadaptées à la situation rencontrée dans la prestation. Sans parler également de l’envie de vendre des techniques prometteuses de « guérison » abusives non conformes et ou non prouvées scientifiquement parlant. La pratique du massage étant ouverte à toutes et tous, l’opérateur néophyte se doit quand même d’avoir certaines bases de pratique et observer un cadre à ne pas dépasser pour rester dans la légalité de sa prestation et ne pas être dangereux envers son client. Cela sera ce premier sujet qui ouvrira le volet des prérequis et notamment des contre-indications . Un des autres volets des prérequis pour la pratique du massage du sportif sera de bien connaitre son anatomie.

L’importance des contre-indications : une priorité absolue

Tout praticien du massage sportif doit être capable d’identifier les situations dans lesquelles un massage peut être inadapté, dangereux pour celui qui le reçoit. Il se doit d’être averti et en pleine alerte sur la possibilité de rencontrer des contre indications chez son athlète.

Certaines contre-indications sont absolues :

  • phlébite,
  • infection aiguë,
  • fièvre,
  • lésion musculaire récente avec hématome important,
  • fracture non consolidée,
  • certaines pathologies cardiovasculaires,
  • plaies ou atteintes cutanées infectieuses.

Nous parlerons ici d’une contre-indication majeure à connaitre et dont l’identification clinique seule peut parfois être difficile  : la phlébite

Caractérisée par un caillot de sang veineux au sein du réseau veineux profond, il peut intéresser autant le membre inférieur que le membre supérieur ou autre, pas de règle à part juste des « préférences ». L’actualité sportive avait dernièrement bien mis au repos forcé notre cher Wemby National pour cette raison et ce n’était pas au membre inférieur. 

Alors que fait-on ? Eh bien quand vous n’êtes pas en mesure de faire un état des lieux et surtout de mettre en relief la gêne de votre athlète au regard des contre-indications eh bien on ne fait rien en effet ! pas question de risquer quoi que ce soit pour l’intégrité de la santé de votre athlète.

Au moindre doute la direction vers un professionnel (médecin , urgences) compétent est nécessaire voir vital. Et ce ne sont pas les doutes qui manquent parfois. 

Mais il faut aussi savoir éclairer la situation rencontrée en regardant le contexte sportif de l’athlète.
Qu’a-t-il  travaillé en amont en entrainement ?  Le corréler ensuite à sa gène/ plainte/ manque de confort ou douleur ressentie. 

Et c’est souvent cette limite qui pose problème car un masseur n’est pas formé de base à faire du diagnostic, mais il faut se former à certaines pratiques.
Il faut à mon sens donner au masseur des réflexes d’observations qui vont l’alerter ou le rassurer pour poser soit un drapeau vert ou rouge au regard de la situation à laquelle il est confronté. 
 

Et c’est possible. 
 

Cela débutera par un questionnaire éphémère ( non stockable par le masseur ). Cet interrogatoire ciblera notamment les circonstances d’apparition de la gène / inconfort et notamment le contexte dans lequel cela survient. 

En plus des questions de bases ( nom , âge, sportif aguerri, sédentaire , pathologies connues... ) il conviendra de noter la symétrie ou pas de l’inconfort ressenti.

Il y a-t-il eu dans l’entrainement réalisé juste avant sa visite chez son masseur un travail symétrique ou pas ayant pu générer des douleurs de type contractures ou courbatures pouvant correspondre à la gène ressentie ?

 

Si rien ne correspond et que votre athlète qui vient vous voir pour être masser possède une batterie de signes observables tels que : 

  • induration du membre concerné,
  • rougeur observable,
  • chaleur décrite et ressenti par le masseur lorsque la main est posée de manière comparative sur l’autre membre de manière symétrique,
  • douleur du segment concerné….
    (on pourrait bien sur compléter la liste...)

Alors il faudra se poser des questions et avoir en tête de ne pas réaliser de séance de confort car en effet la place de cet athlète aura une place de patient malade aux urgences ou dans un cabinet médical chez qui on l’aura envoyé. 

On pourra développer d’autres signes mais déjà la situation à laquelle le masseur est confronté doit le rendre vigilant avant de pratiquer une quelconque action chez son athlète.  

 

Nous avons donc balayé certains prérequis , les contre-indications , avant de continuer dans le prochain article, nous développerons d’autres prérequis théoriques nécessaires à la bonne réalisation de ce type de prestation et pourquoi l’anatomie est indispensable à appréhender et à connaitre. 

N’hésitez pas à me mettre en commentaire votre expérience sur le sujet.

A la question est ce que le massage sportif est une spécialité à part entière, ce premier article commence déjà à répondre par l’affirmative :) 

A très vite !!!

A Fournier

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